Madagascar : ces plages sont-elles vraiment un paradis dangereux ?
10 janvier 2026
La première fois que j’ai vu l’océan Indien depuis la côte malgache, j’ai eu le souffle coupé. Pas par la peur, mais par une lumière si pure qu’elle semblait liquide. Ici, le bleu n’est pas une couleur, c’est une promesse. Pourtant, avant de partir, j’avais entendu les mises en garde : « C’est dangereux », « Ne sors pas le soir », « Attention aux requins ». Mais la réalité du terrain, celle que l’on vit les pieds dans le sable, est souvent bien plus nuancée que les gros titres.
Je vous emmène au-delà des idées reçues, sur les rivages de la Grande Île, pour démêler le mythe de la réalité et vous permettre de vivre ce paradis l’esprit tranquille.
Nosy Be : L’archipel aux parfums rassurants
Quand on arrive à Nosy Be, on est d’abord saisi par l’odeur de l’ylang-ylang qui flotte dans l’air chaud. C’est l’endroit le plus touristique du pays, et paradoxalement, c’est ce qui en fait l’une des zones les plus sûres pour une première approche. L’atmosphère y est douce, presque indolente.
J’ai passé des après-midis entiers à Andilana, au nord de l’île. Là-bas, le seul véritable « danger » était de ne plus vouloir repartir. L’eau est d’un calme olympien, protégée par une barrière de corail. J’y ai rencontré des familles italiennes et françaises qui reviennent chaque année, preuve s’il en est que l’insécurité n’est pas le maître mot ici.
Mes conseils pour Nosy Be :
- Transports : Privilégiez les taxis officiels (souvent des petites Renault 4 jaunes) pour vos déplacements le soir. Évitez de marcher seul sur les plages isolées à la nuit tombée, non pas à cause d’une menace imminente, mais par simple bon sens, comme partout ailleurs.
- Baignade : Les plages de l’ouest (Ambatoloaka, Madirokely) sont très sûres. Côté requins ? Le risque est quasi nul dans le lagon.
La Côte Est et Sainte-Marie : L’aventure authentique
Si vous cherchez l’âme sauvage de Madagascar, c’est vers l’Est qu’il faut regarder. L’île Sainte-Marie (Nosy Boraha) est un joyau. C’est ici, loin du tumulte, que j’ai compris la vraie nature de la sécurité à Madagascar : elle repose sur le lien humain.
Lors d’une balade à vélo vers les piscines naturelles d’Ambodiatafana, j’ai crevé un pneu au milieu de nulle part. En moins de dix minutes, trois villageois s’étaient arrêtés pour m’aider. Cette solidarité est constante. Cependant, la côte Est est face à l’océan Indien ouvert. Ici, le danger est naturel : les courants peuvent être traîtres.
C’est aussi dans cette région que j’ai vécu une rencontre avec une femme Malgache qui tenait une petite gargote de plage ; elle m’a appris à lire l’océan, à repérer là où les vagues « cassent » méchamment et là où on peut se baigner sans risque.
Mes conseils pour l’Est :
- Océan : Ne vous baignez que là où les locaux se baignent. Si la plage est déserte, méfiez-vous des courants de baïne.
- Santé : Le vrai danger ici, c’est le moustique. La côte Est est humide. Prévoyez un répulsif efficace (DEET 50%) et un traitement antipaludéen, surtout si vous sortez au crépuscule.
Le Sud Sauvage : Anakao et Ifaty
Le sud de Madagascar est une terre de contrastes, aride et sublime. Anakao, accessible uniquement par bateau depuis Tuléar, est un village de pêcheurs Vezo. Le matin, l’horizon se couvre de centaines de pirogues à balancier aux voiles carrées. C’est un spectacle d’une beauté brute 🌅.
Est-ce dangereux ? La région de Tuléar a parfois mauvaise réputation concernant le vol à la tire. Mais une fois traversée la baie de Saint-Augustin pour arriver à Anakao, l’ambiance change radicalement. Le village vit au rythme du soleil et des marées. Le sentiment de sécurité est total sur la plage.
Mes conseils pour le Sud :
- Logistique : Ne voyagez pas de nuit sur les routes nationales (notamment la RN7 vers la fin) à cause des « coupeurs de route » (dahalo). C’est une règle d’or à Madagascar : on roule de jour, on se repose la nuit.
- Respect : À Anakao, la plage est le lieu de travail des pêcheurs. Ne photographiez pas les gens sans leur demander leur accord avec un sourire. Le respect est votre meilleure protection.
Le Voyageur Curieux (FAQ)
Faut-il avoir peur des requins à Madagascar ?
Contrairement à la Réunion voisine, les attaques de requins sont extrêmement rares à Madagascar. La plupart des zones de baignade sont protégées par des barrières de corail (lagon d’Ifaty, Nosy Be, Sainte-Marie). Restez prudent sur la côte Est non protégée et évitez les eaux troubles des embouchures de fleuves (risques de requins bouledogues, mais surtout de crocodiles dans certains coins reculés !).
Est-il dangereux de se promener seul sur la plage ?
En journée, sur les plages touristiques ou devant les villages, c’est généralement sans problème. Le bon sens prévaut : n’affichez pas de signes extérieurs de richesse (bijoux, appareils photo coûteux laissés sans surveillance). La nuit, évitez les plages désertes, peu importe où vous êtes sur l’île.
Quid de la sécurité sanitaire sur le sable ?
Attention aux « puces de sable » (chiques) dans certaines zones sèches. Portez des sandales quand vous marchez dans le sable sec loin du bord de l’eau, et étendez votre serviette sur un transat ou un paréo plutôt qu’à même le sol si vous avez un doute.
Oser le pas de côté
Madagascar n’est pas une destination aseptisée, et c’est tant mieux. Dire qu’il n’y a aucun danger serait mentir, mais réduire cette île continent à ses risques serait une erreur tragique. Le danger est souvent une question de perception et de comportement.
En voyageant avec humilité, en respectant les coutumes locales (les fady, ou tabous, sont nombreux et importants), et en évitant de rouler la nuit, vous découvrirez un peuple d’une résilience et d’une gentillesse inouïes. Les plages de Madagascar ne sont pas dangereuses pour votre intégrité physique si vous êtes prudent ; elles sont dangereuses pour votre cœur, car il risque d’y rester attaché à jamais 💙.
Alors, prêt à échanger votre confort contre l’aventure d’une vie ?
Je suis Jérémy, fondateur et rédacteur en chef de ce blog. Entre deux voyages, j’écris des récits et capture des instants avec mon appareil photo. Bienvenue dans mon univers voyageur !
